Lettre Capitale - hiver 2006

Le bulletin d'information de Lutte pour la Justice

 

Editorial : Pourquoi et comment participer à la vie de votre association ?

LPJ, votre association, est une petite association de quelques centaines de membres qui ne vit que grâce à l’engagement de chacun de ses adhérents, relayé par une poignée de bénévoles.

Ce engagement peut prendre des formes diverses surtout dans une association comme LPJ dont les membres parfois très isolés sont dispersés sur tout le territoire français et dont l’engagement commun est de vouloir participer au combat pour l’abolition de la peine de mort aux Etats Unis.

Pour certains, faire partie de LPJ est avant tout un engagement moral qui passe à travers l’adhésion, parfois des dons financiers, pour d’autres cela se traduit par le soutien à un condamné à mort à travers la correspondance. Certains donnent de leur temps, régulièrement comme les membres du CA et des groupes de soutien à un condamné, d’autres ponctuellement lors d’une action précise : fêtes des assos, salon des Droits de l’Homme, conférence dans des écoles, collèges, manifestations diverses souvent en collaboration avec l’ACAT, la LDH ou Amnesty. D’autres encore achètent livres et documents, les photocopient, les prêtent, les offrent, les diffusent autour d’eux faisant ainsi connaître l’association. par exemple, les numéros de « lc » déposés dans des bibliothèques, des associations, un de nos livres offert à la bibliothèque municipale etc.

Toutes ces actions sont non seulement utiles mais indispensables pour que nous continuions d’exister et d’avoir notre place dans ce combat. L’idéal serait qu’elles se multiplient et que le CA en soit informé. En effet, vu la dispersion de nos membres, l’information, le lien sont primordiaux. Les divers moyens d’information dont nous nous sommes dotés fonctionnent plutôt bien mais peuvent être améliorés avec vos remarques, idées, critiques. La lettre hebdo par internet d’hebdomadaire va devenir bimensuelle, notre site est très visité, et le bulletin papier, « lettre capitale » paraît régulièrement et est ouvert à tous.

Une autre façon très importante de s’impliquer dans la vie de l’association est la participation à l’Assemblée Générale annuelle. C’est un moment privilégié car il nous permet de nous rencontrer, d’échanger en direct, de tracer la politique et les actions de l’association pour l’année suivante. Nombreux sont ceux qui pour des raisons familiales, professionnelles, de santé ou d’autres engagements militants ou à cause de la distance ne peuvent y venir. Qu’ils n’oublient pas de renvoyer leur pouvoir et de faire part par écrit de leurs critiques, idées, suggestions. Ce simple geste est aussi une participation indispensable à LPJ. Pour tous ceux qui le peuvent, nous vous donnons rendez vous samedi 18 mars à 14h30 à Paris. Vous pouvez y venir avec des amis ou des personnes non adhérentes. L’AG et les débats sont publics, seuls les votes sont réservés aux adhérents.


Le combat contre la peine de mort en Alabama

Que pèse notre combat contre la peine de mort face à des problèmes comme la guerre en Irak, les ravages des ouragans ou la pauvreté ?

Voici quelles sont nos perspectives, ici, en Alabama alors que nous savons que la peine de mort n’est pas un problème brûlant pour la majorité des habitants de cet état. Ce qui a permis l’exécution sans grand écho de quatre hommes cette année. Ce qui permet à des juges de passer outre la décision de certains jurys, à l’Etat d’ignorer la décision de la Cour Suprême concernant les handicapés mentaux et de refuser les tests ADN après la condamnation. Quand on ajoute à tout cela la possibilité qu’une loi dite «  Streamlined Procedure Act » soit votée qui rendrait presque impossible la révision des cas de peine de mort en Cour Fédérale, il est difficile de se sentir optimiste en ce qui concerne le futur proche !

Pourtant il y a quelques signes, même dans un état comme l’Alabama qui font espérer le changement. Le sondage conduit cette année dans l’Etat a montré que 57,1 % des personnes sont en faveur d’un moratoire ; en même temps, presque 80% pensent qu’un innocent peut être condamné et exécuté et 70,8 % sont pour la peine de mort.

Nous, militants de Project Hope to Abolish Death Penalty, nous continuons à croire que l’éducation est la clé et nous avons été encouragés par la position récente du journal Birmingham News défendant un moratoire ainsi que par d’autres couvertures médiatiques positives de nos actions. Et nous continuons en publiant notre bulletin d’information, Sur les Ailes de l’Espoir, rédigé par des prisonniers du couloir de la mort, en ayant un site internet  et un groupe de discussions par courriel.

Nous discutons aussi avec des églises, des associations, des entreprises, des mairies pour les convaincre de défendre l’idée d’un moratoire. Presque 500 groupements nous ont déjà rejoints.

Nous savons que notre combat est en concurrence avec des besoins réels dans cet état. La question qui se pose est : «  Comment faire pour que cela joue en notre faveur ? » Au cours de mes voyages à travers le pays, j’en suis arrivée à la conclusion que les gens ne croient pas en une Justice qui changerait les choses. Ce qu’on appelle Justice est trop dépendant de l’interprétation individuelle. Mais le « prix », ça c’est un langage universel. Si nous pouvons persuader ceux qui font les lois et l’homme de la rue que cela coûte plus cher d’exécuter quelqu’un que de l’emprisonner à vie, alors ça, c’est une chose qu’ils peuvent entendre !

Cela me conduit à vous dire ce que vous pouvez faire pour nous aider : les gouverneurs des Etats du sud sont imperméables au critiques qui viennent de l’extérieur, comme la plupart des habitants, trop centrés sur leur « paroisse » . Mais des sanctions économiques, voilà ce qu’ils peuvent entendre fortement et clairement. Aidez nous dans notre combat.

Le combat contre la Peine de mort en Alabama, par Esther Brown de Project Hope to Abolish Death Penalty.


Nanon Williams, auteur de Tenir debout, que nous diffusons, écrit depuis sa nouvelle prison (extraits d’une longue lettre)

(…) "Cela fait presque deux mois que j’ai quitté le Couloir de la Mort. Me voici à Coffield Unit, à la prison de Tenessee, Texas. Comparé au Couloir, on se croirait à Disneyland. Sérieusement, il s’agit de la plus grande prison du Texas, vielle, infestée de gangs et bardée d’acier. Quand je regarde hors de ma cellule, je peux voir de l’herbe verte, le soleil brillant, des bâtiments de briques rouges and un grand espace ouvert….Je suis encore en cage, mais elle est plus grande. Il y a nombre d’activités et je peux voir la vie.

Après avoir passé tant d’années menotté, avec un masque pour cacher ma peine, ce fut finalement difficile de me retrouver sans chaînes. Autour de moi, les prisonniers discutaient, plaisantaient, jouaient et cela me rendit nerveux. Pourquoi ? Sans doute parce que j’avais été pendant des années comme un lion en cage et quand la porte a été ouverte, je ne savais plus si je devais sortir ou rester assis là dedans.

Quand j’ai dû avancer dans l’entrée de la prison, j’ai essayé de pousser mes jambes vers l’avant mais elles ne bougeaient pas. J’étais comme un bébé, il fallait que j’apprenne à re marcher. Après treize ans de confinement, je réalisais que j’avais perdu rythme et coordination… Mes mains étaient soudain libres et je ne savais pas quoi en faire….Mon esprit me disait de faire une chose et je faisais le contraire. Certains prisonniers avaient entendu dire que j’arrivais du Couloir et je vis de la peur et de l’inquiétude dans leurs yeux. Je me forçais à sourire bien que n’en ayant pas envie. A d’autres moment mon visage restait immobile et sans émotion car c’est ce que le Couloir de la Mort m’avait appris à être….

D’avoir maintenant une chance de vivre, même depuis cette cage, me fait penser à mon cher ami, Emerson Rud, exécuté il y a plusieurs années et qui me disait : «  Garde tes yeux vers le ciel ». Maintenant je peux voir le ciel, et c’est bien, au-delà des grilles de la prison.

Je vais continuer à me battre pour suivre le ciel. Je le ferai pour Emerson, Gary Graham, Napoleon Beazley, Ponchai Wilkerson et pour tous les autres qui sont partis.

Je continuerai à me battre, non seulement pour ma liberté mais pour arrêter ce système de meurtre systématique ici et ailleurs. Il y a du travail à faire et j’ai besoin de votre aide. Je crois en quelque chose qui est plus précieux que ma propre vie. Je suis sûr que ça va changer."

Tenir debout, de Nanon Williams, ed. La sterne, (18 euros port compris).


Vie de l'association

Le Comité LPJ- Languedoc Roussillon a participé le 20 octobre 2005 à une soirée contre la peine de mort et l’injustice. De nombreuses associations co-organisaient cet événement : Mouvement pour une alternative non violente (MAN), Comité Mumia, Association Charles Thompson, ACAT, LDH, Amnesty international, les Américains pour la Paix, le Centre Lacordaire et la justice, la maison de la Paix et LPJ- 34 qui soutient Rickey L. Lewis.
Plusieurs artistes, musiciens et chanteurs ont participé bénévolement à la soirée (Billie Lee Hart, Filo, Vincent et Lawrence mc Guire).
Musiques, témoignage et débats se sont succédés pendant plus de trois heures.
Le comité LPJ – LR propose toujours le livre témoignage de D. et R. Sirven : «  Texas, couloir de la mort » ainsi qu’un CD « Couloir de la Mort, compil contre l’injustice » réalisé par de nombreux groupes et chanteurs (10 euros à commander à LPJ – LR, 2 rue de l’Herbe d’Amour, 34070 Montpellier).

Dons à radio KDOL :

Plusieurs de nos membres qui se sont rendus au Texas nous ont parlé de radio KDOL, une radio libre qui émet pour les prisonniers de Polunsky, population générale et condamnés à mort. Cette petite radio ne vit que de dons et de bénévolat. Les animateurs de la radio, dont Jim, Joy, Sylvia, Pasteur John, sont visiteurs dans le couloir de la Mort et animent une émission hebdomadaire très attendue des prisonniers. Les familles, amis peuvent transmettre des messages en différé ou en direct.
Nous pensons que ce lien tissé par radio KDOL est indispensable à la « survie » des condamnés à mort. Aussi le conseil d’administration a décidé d’un don de 500 euros à la radio. La radio a besoin d’ordinateurs, micros etc.
Pour les contacter et passer un message à votre/vos correspondant(s) : kdolradio@hotmail.com
ou KDOL 96 FM radio 309 Drew street Livingston Texas 7735

En réponse à une question de lecteurs : peut-on reproduire des articles de LC et les diffuser ? ? ? Bien sûr, il suffit d’en citer la source. Et , petite action militante, de donner nos coordonnées…

Les Têtes raides sont de nouveau sur les routes, en concert. Dans les villes où ils passent, ils nous offrent de tenir une table de presse dans le hall d’entrée du concert… Si nous avons des membres bénévoles motivés pour y aller ! Montpellier, Reims, Toulouse sont déjà sur la liste !


JUSTICE POUR TOUS ? Des artistes réfléchissent à la peine de mort

Cette exposition est internationale et concerne toutes les formes d'art.

Elle aura lieu du 6 au 22 mai 2006 à la Galerie Lombardi à Austin au Texas, ainsi qu'à travers le site Internet www.deathpenaltyartshow.org.

Les jurés sont Annette Carlozzi, conservateur du Musée Américain d'Art Contemporain localisé au musée Jack S. Blanton de l'Université du Texas à Austin ; Lora Reynolds, propriétaire de la galerie Lora Reynolds à Austin qui expose des œuvres d'art contemporaines de jeunes artistes nationaux et internationaux ou d'artistes reconnus ; et Malaquias Montoya, un artiste et professeur d'art à l'Université de Californie.

Pour vous inscrire rapidement, merci d'utiliser le site Internet ou de contacter les organisateurs par courriel. Les œuvres d'art sous toutes leurs formes peuvent être proposées, néanmoins celles-ci doivent traiter de la peine de mort afin de célébrer les œuvres existantes, pour

encourager de nouvelles initiatives artistiques autour du thème de la peine de mort et afin de dynamiser les engagements civiques et le dialogue sur la peine de mort.

Les prix représenteront un total de $1300 dont $500 pour la meilleure œuvre.

Les œuvres à deux dimensions devront être prêtes à installer ou à accrocher, elles ne devront pas excéder 2,13m de dimension. Les sculptures ne pourront dépasser la taille de 2,13m (y compris pour le socle) et devront être suffisamment légères pour être portées par deux personnes. Les vidéos/DVD ne devront pas dépasser une durée de 15 minutes.

Les artistes résidant à l'extérieur des Etats-Unis, et dont les œuvres auront été présélectionnées pour l'exposition, pourront se renseigner à partir du mois d'avril pour obtenir une aide éventuelle quant aux frais d'expédition de leurs œuvres. Il est possible que des fonds limités puissent être attribués aux artistes qui n'auraient pas les moyens de prendre en charge les frais d'envoi pour Austin.

Cette exposition est également ouverte aux condamnés à mort sans aucun frais d'inscription.

Frais d'inscription : Jusqu'à trois Diapositives/JPG/Photographies/

Vidéos = $15/artiste. Diapositive/JPG/Photographie ou Vidéo additionnelle = $5 chacune.

Pour toute information complémentaire, contacter Scott Cobb au 00 1 512 302 6715 ou par courriel : info@deathpenaltyartshow.org

Site Internet : http://www.deathpenaltyartshow.org

Prospectus : http://www.deathpenaltyartshow.org/prospectus.html

DATE LIMITE D'INSCRIPTION : 20 MARS 2006. Faites circuler l'information !


NOUVELLES DES ASSOCIATIONS AMIES

« Des mains unies » qui défend Anthony Graves vient de publier un livre qui regroupe des poèmes, écrits et entretiens d’Anthony. Son titre : Des âmes unies à Anthony. Il est en vente au prix de 10 euros et vous pouvez le commander en téléphonant au 06 25 29 44 12 ( Michèle) ou en vous adressant à Isabelle Perin : bat B 39, rue du Fort St Irénée 69005 Lyon.

Voici un message du cinéaste canadien Julien Elie, ami de Farley : "Deux films pour et sur Farley Matchett  que j’ai réalisés sont maintenant disponibles sur le même DVD : Le Dernier repas, un long-métrage documentaire d'une durée de 75 minutes, en version originale anglaise avec sous-titres français. Le film est une plongée dans l'univers cauchemardesque de la petite ville de Huntsville, capitale de la peine de mort aux USA. Il y est aussi question de Farley, à travers le personnage de Penny, sa grand-mère. Le second film, 999 060 (titre tiré du matricule de Farley) est une entrevue de 30 minutes avec Farley. Le film est également en anglais avec sous-titres français. Seules les 4 premières minutes sont en français (Il s'agit d'une courte narration résumant le cas de Farley).
Malheureusement, nous n'avons pas pour l'instant (vu les coûts), de DVD zone européenne. Le DVD est seulement disponible, à ce jour, en zone 1, c'est à dire en format de lecture nord-américain. Cependant cela ne devrait pas vous empêcher de vous le procurer. Premièrement, tout ordinateur (mac ou pc) équipé d'un lecteur DVD sera en mesure de lire tous les formats sans exception.
Sinon, aujourd'hui et surtout en Europe, la plupart des lecteurs DVD sur le marché sont "multisystème" ; ils peuvent donc lire sans problème tous les formats de DVD.
Le DVD est vendu au prix de 22 euros + 5 euros pour les frais postaux. PAIEMENT à l'ordre de : LES DROUGS FILMENT par Mandat-poste ou chèque international (ou tout autre type de chèque, mandat que vous offre votre banque et qui est reconnu au Canada) à l'adresse suivante: JULIEN ELIE/LES DROUGS FILMENT 5230 avenue de Gaspé, Montréal, Québec, H2T 2A2, Canada.
Tous les droits du film iront à la défense de Farley. Très bientôt, nous aurons un site web d'où vous pourrez commander directement le film et en payant par carte de crédit.

Justice pour Anthony Mungins  nous rappelle qu’ Anthony a été condamné à mort en 1993 et son appel direct (le premier) a été rejeté en 1996. Depuis il se bat avec ses amis pour faire reconnaître ses droits.

Actuellement une double procédure est en cours : un appel auprès de la Cour suprême de Floride et une pourvoi en Habéas Corpus. Les arguments d’Anthony ont été entendus par le tribunal le 2 novembre 2005. La décision peut prendre plusieurs mois. Anthony et son avocat sont plutôt optimistes (contact Danielle Guédon : guedz@club-internet.fr).


Un « enfant » perdu

Roger Collins, condamné à mort en 1977 à l’âge de 18 ans, vit depuis ce temps-là dans le couloir de la mort de Géorgie, Etats-Unis. Cela fait 28 ans qu’il y attend sa mort annoncée.

Né en 1959 dans un quartier pauvre et noir d’une fille-mère de 15 ans, Roger n’a pas été reconnu par son père. Par la suite sa mère Lois épouse un autre homme qui donne son nom à Roger. Mais bientôt Collins ne supporte plus de voir ce garçon à la maison. Il en fait son souffre-douleur, le bat sauvagement pour un rien, le prive de nourriture, lui fait subir tous les tourments possibles, physiques et mentaux. Le garçon se met à fuguer dès 9 ans, mais chaque fois on le ramène à la maison pour être à nouveau “corrigé”. A partir de 12 ans, Roger vit dans la rue.

Lois se sépare de Collins après une bagarre où il la blesse grièvement au couteau. Plus tard elle trouve un nouveau compagnon, Bill, débonnaire et débrouillard. Il a une dizaine d’années de plus que Roger, et l’adolescent s’attache à lui pour pallier sa détresse affective.

A 18 ans Roger est encore un enfant : il ne sait pas lire, il ne se pose pas de questions, il se contente de souffrir ou de jouir du présent selon la direction du vent. Bill l’introduit dans un monde de sensations fortes, d’alcool et de drogues. Une folle virée en voiture avec Bill, le cousin de celui-ci et une fille, Delores, soirée qui commence dans la gaieté générale, se termine par un meurtre. C’est Bill qui a tué Delores. Roger, sentant vaguement que les choses tournaient mal, a proposé timidement qu’on la ramène chez elle. Mais il ne fait pas le poids, et il est loin de s’imaginer qu’elle va mourir. Quand Bill l’emmène dans un terrain vague, Roger reste avec le cousin près de la voiture. Tous les trois sont ensuite arrêtés et inculpés de meurtre. Le cousin, qui accepte de charger les deux autres, a été relâché au bout de quinze jours. Bill a donné des informations sur des affaires non résolues, en échange de quoi le procureur ne demande pas la peine de mort pour lui. Reste Roger, le plus démuni, le plus inapte à comprendre la situation. Son avocat commis d’office n’a reçu que 600$ pour l’ensemble de son procès, bâcle sa défense. Roger est condamné à mort, bien que le tribunal ait reconnu qu’il n’était pas le meneur, bien que le cousin ait essayé, sans succès, de présenter à la Cour un désaveu sous serment de son faux témoignage.

En prison Roger croit qu’il va être électrocuté tout de suite quand on le fait asseoir sur la chaise du coiffeur. Il a peur des gardes qui lui rappellent son beau-père. Il avait couru toute sa jeune vie, mais là il ne peut aller plus loin. Après quelques malheureuses tentatives de rébellion, quelques bagarres, quelques passages à tabac, il se calme, en comprenant qu’il ne peut chercher des forces qu’à l’intérieur de lui-même, territoire qu’il n’a jamais exploré. “S’y plonger, dit-il, c’était comme sauter du bord d’une falaise”. Il fait son examen de conscience sans la moindre indulgence. Il assume sa part de responsabilité dans la mort de Delores : il aurait dû lui venir en aide, il n’avait rien compris. Roger a fouillé au fond de lui-même, retourné son âme. Et, ce faisant, il est devenu un homme.

La seule chose qui n’a pas manqué à Roger, c’est le temps : 28 ans dans le couloir de la mort… Il a appris tout seul à lire et à écrire. Il comprend lui-même que des pans entiers de sa personnalité sont restés égarés dans le monde de cette enfance qui lui a été volée. Son présent est un magma grisâtre entre la vie et la mort. “ Tu ne peux pas vivre dans l’ombre d’une mort décidée, dit-il, mais en même temps tu ne peux pas juste laisser tomber, il y a tant de vie encore en toi. Tu restes épinglé dans la grisaille. C’est long. Ma plus grande terreur est de perdre la boule. J’ai vu autour de moi des hommes doués, instruits, je les ai vus dégringoler, devenir des riens. Je ne veux pas que ça m’arrive. ”

Roger Collins garde pourtant l’espoir. Deux fois on lui a fixé un rendez-vous avec Old Sparky (la chaise électrique) puis il a eu des sursis. C’était il y a des années. Maintenant il ne risque plus l’électrocution, interdite en Géorgie, mais la triple injection létale. Le cas est tellement entaché d’injustice, Roger a déjà tant payé, qu’il est difficile de croire que l’Etat de Géorgie exigera en plus sa mise à mort.

Si vous désirez venir en aide à Roger Collins, ne serait-ce qu’en lui adressant une carte postale, contactez : Vendla Meyer, 40 rue de Gometz, 91440 Bures-sur-Yvette, 01 69 07 43 99, vendla@ihes.fr
Voir aussi : http://membres.lycos.fr/amnesty109/


RESULTATS DE L'ENQUETE DE LECTORAT 2005

Céline Rouquette après avoir rédigé pendant quatre ans la lettre hebdo par internet a voulu faire un bilan de cette action d’information avant de laisser sa place à de nouveaux rédacteurs.

Un grand merci pour son travail et pour son engagement à nos côtés, engagement qui continue sous d’autres formes et en particulier le soutien à son ami John Dewberry, condamné à mort mineur au moment des faits, et qui poursuit son combat pour faire reconnaître son innocence.

Voici un résumé de son étude de résultats.

1. Nombre de répondants et profil des répondants
L’enquête de lectorat a été menée pendant 6 semaines, de fin octobre à début décembre 2005. Elle était administrée à tous les abonnés de la lettre électronique, soit environ 150 abonnés au début de l’enquête. Le questionnaire était envoyé par messagerie à tous ceux qui en faisaient la demande. A la clôture de l’enquête, 57 personnes avaient répondu, sur 127 abonnés (chiffre fin d’enquête), soit un taux de réponse de 45%.Parmi les répondants, les deux tiers, soit 36 personnes, sont des femmes. Parmi les abonnés, la proportion de femmes n’est pas si grande. Les femmes ont donc répondu en plus grande proportion que les hommes à ce questionnaire. Six répondants sur dix sont membres de LPJ. Un peu plus de la moitié des répondants, soit 53% d’entre eux, correspondent avec un condamné à mort. Et 60% des abonnés au bulletin se disent militants actifs contre la peine de mort.

2. La lecture du bulletin hebdomadaire
La très grande majorité des répondants lit le bulletin toujours ou souvent : c’est le cas de 97% d’entre eux. Les 3% de répondants qui lisent rarement le bulletin le font faute de temps ou parce que le bulletin est trop fréquent.
Plusieurs répondants ont cité plusieurs rubriques parmi leurs préférées. C’est pourquoi le total des réponses fait plus de 100%. Ce sont les brèves qui reviennent le plus souvent, elles sont préférées par 65% des répondants, suivies par les appels urgents (51%) et la vie de l’association (25%). Les 14 personnes qui préfèrent la rubrique « vie de l’association » sont presque toutes membres de LPJ (11, précisément) et 10 d’entre elles correspondent avec un condamné à mort.
Plusieurs répondants n’ont pas souhaité citer de rubrique moins aimée. C’est pourquoi le total des réponses fait moins de 100%. La rubrique « vie de l’association » est citée comme la moins aimée par 35% des répondants, suivies par les appels urgents (21%) et les brèves (11%). 20 répondants sur 57 ont répondu à la question de la suppression d’une rubrique, 12 d’entre eux suggèrent de supprimer la rubrique « vie de l’association », alors que seulement 4 suggèrent de supprimer les brèves, et 4 les appels urgents. Parmi ces 12 abonnés qui suggèrent de supprimer la rubrique « vie de l’association », 7 ne sont pas membres de LPJ et seuls 3 correspondent avec un condamné à mort.
Plus des deux tiers trouvent le rythme de parution « juste bien » (68%). Seuls deux répondants (4%) trouvent que le bulletin n’est pas assez fréquent, mais près d’un tiers des répondants (30%) trouvent le bulletin trop fréquent. Une fois tous les quinze jours est le rythme idéal pour 18% des répondants, soit près de trois personnes qui le trouvent trop fréquent sur cinq. Si à peine deux tiers des répondants trouvent le rythme idéal, en revanche, le contenu est jugé de longueur correcte pour une forte majorité d’entre eux : 86% jugent que le bulletin fait « la bonne taille », et seulement 11% le trouvent trop long.
Une faible majorité des répondants participe aux actions des appels urgents (29 répondants). Près de la moitié (28 répondants) n’y participe jamais ou rarement.

3. Ma conclusion
Il y a me semble-t-il deux types de publics abonnés à la lettre électronique hebdomadaire de LPJ : d’une part des membres de LPJ, et parmi eux notamment des personnes qui correspondent avec des condamnés à mort et ont besoin d’échanger et d’être au courant de la vie de l’association et des comités ; et d’autres personnes, souvent non membres de LPJ, souvent non engagées dans la correspondance, pour lesquelles les appels et surtout les brèves sont la force principale du bulletin.

Je suggèrerai donc deux choses :

- Continuer le bulletin hebdomadaire ou ne le faire que tous les 15 jours, en se limitant aux brèves et aux appels urgents (juste le lien vers le site de la NCADP, recopier la lettre ne semble pas utile).
- créer un outil d’échanges entre les personnes qui le souhaitent : un e-groupe, un forum animé par une personne de LPJ, permettrait peut-être de répondre aux besoins d’échanges soulignés par certains.
- Par ailleurs, pour répondre aux besoins d’informations sur les comités de soutien, il me semble que Lettre Capitale et le site internet sont les bons canaux. Peut-être faut-il mettre en place une sollicitation régulière de tous les comités de soutien pour mettre à jour les informations sur le site et alimenter Lettre Capitale. Céline Rouquette.


BREVES

En rappel : un sondage Gallup montre que 64 % des américains sont favorables à la peine de mort ( comme en France en 1981) contre 80 % en 1994. C’est le plus bas niveau depuis 27 ans. En 2005, il y a eu 60 exécutions aux Etats Unis, dont la 1000° depuis 1976 ( 2/12 en Caroline du nord). 822 d’entre elles ont été conduites dans les états du sud contre 4 dans les états du nord est. D’après Amnesty international, 10 % de ces exécutions concernaient des retardés mentaux.

Californie : Clarence Ray Allen a été exécuté en janvier, alors qu’il était aveugle, presque sourd, diabétique et en fauteuil roulant. Il devient, à 76 ans et un jour, le 2e plus vieux condamné à mort exécuté aux Etats-Unis. Il a fallu 20 minutes et deux injections pour le faire mourir. Certains témoins de l’exécution reconnaissent que l’exécution d’un vieillard pose des problèmes éthiques.

L’injection létale est elle contraire à la Constitution ? Les mélanges de drogues utilisés pour conduire une exécution sont-ils de nature à ce que les condamnés puissent faire appel en arguant d’un traitement cruel et inhabituel contraire à la Constitution ? C’est sur ce problème que se penche la Cour Suprême en accordant des sursis à plusieurs condamnés empêchés, en Floride et au Missouri, de faire appel sur cet argument.
La décision concernant le Missouri (6 à 3) a vu la participation du nouveau juge nommé par G. Bush, Samuel Alito Jr. qui venait de prêter serment. Il a voté avec la majorité pour la suspension de l’exécution.
En attente l’appel de Clarence Hill qui, selon son résultat, pourrait changer la situation des condamnés à mort.
Parallèlement une revue médical publie les résultats de 49 rapports d’autopsie de condamnés exécutés au Texas et en Virginie qui vont dans le sens de ce que disent depuis longtemps les les militants et les avocats abolitionnistes au sujet de «  l’humanisation «  de la peine de mort par cette méthode.

Floride : James Crosby, responsable du système pénitentiaire de Floride (la troisième en taille des Etats-Unis) depuis janvier 2003 vient de démissionner sous les pressions et à la demande du gouverneur, Jeb Bush. Depuis plusieurs mois des questions se posent sur les activités illégales de gardiens et de hauts responsables. Des enquêtes sont en cours...

Louisiane : deux juges qualifiés sont en train de mener une enquête sur le système de justice criminelle de la Nouvelle Orléans et en particulier sur l’état déplorable (depuis longtemps) de la défense des indigents. La situation est encore aggravée par les conséquences de l’ouragan Katrina. Actuellement, l’office Public de défense compte 4000 cas environ et n’a que quelques avocats. Chaque avocat a plusieurs centaines de cas à charge ce qui est impossible à gérer. De plus l’Office n’a pas d’enquêteurs ! Calvin Johnson, juge principal de la Nouvelle Orléans pense que le système est en crise grave et est un des plus mauvais du pays.

Ohio : bientôt un programme d’état pour financer les tests ADN ?  Il en existait un, de 2003 à 2005, qui a permis de financer 15 séries de tests ADN ( sur 307 demandes de condamnés !) et grâce à ces tests, deux hommes ont été innocentés (2 sur 15, ça fait quand même plus de 13% d’innocents !). Le sénateur David Goodman vient de proposer une loi pour que ce programme soit reconduit. Passera-t-elle ?

New Jersey : la chambre des représentants a adopté un projet de loi suspendant les exécutions le temps qu’une commission étudie l’impartialité et le coût de la peine capitale, par 55 voix contre 21 et 2 abstentions. En décembre, le Sénat avait également adopté le texte, qui a depuis été signé ( le 12/01) par le gouverneur Codey avant qu’il ne quitte son poste le 17 janvier. Il y a 10 condamnés à mort dans le New Jersey et la dernière exécution date de 1963. Ce moratoire devrait durer au moins un an.

Canada : un homme condamné à perpétuité a demandé à ses juges à pouvoir être exécuté. La peine de mort n’existe pas au Canada. Se pose maintenant le problème des condamnations à perpétuité, sans remises de peine.

Nouvelle réglementation pour aller aux Etats Unis : depuis le 26 octobre pour les ressortissants français allant aux Etats Unis des dispositions particulières sont mises en place par les autorités américaines :
passeport ancien modèle : visa obligatoire
passeport à lecture optique émis avant le 26/10/05 : exemption de visa
passeport à lecture optique émis après le 26/10/05 visa obligatoire
passeport biométrique : pas de visa
A noter que tout passager, enfant ou bébé doit avoir son propre passeport ! Le passeport biométrique sera obligatoire à partir d’octobre 2006

Pour les voyageurs depuis le 24/01/06 : vers ou via les Etats Unis, les passagers devront communiquer au moment de la réservation ou au plus tard à l’aéroport : le pays de résidence, le numéro de la carte verte ( s’il y a lieu) l’adresse de destination aux Etats Unis pour les non résidents.

NOUVELLES DES ASSOCIATIONS AMIES

Des Mains Unies pour la Justice - Association loi 1901 - créée à l'initiative d'Anthony Graves, condamné à mourir par l'Etat du Texas pour un crime dont il est innocent, qui dénonce l'injustice et combat la peine de mort. La prochaine réunion de l'association aura lieu le : SAMEDI 11 MARS 2006 à 10 h à la
MJC: LYON ST JUST - (accès funiculaire) 47 rue des Farges 69005 LYON
a.. 1ère partie : actualité du dossier d'Anthony Graves et actualité de la peine de mort, aux Etats-Unis principalement.
b.. 2ème partie : réunion de travail

A Lyon, les éditions du Mont Popey et l'association des Mains Unies pour la Justice étaient présentes à la FETE DE L'HUMANITE RHONE-ALPES, les 10 et 11 février, Espace Double-Mixte au coeur du campus universitaire de la DOUA à Villeurbanne >>> http://www.frahuma.com/
Des Ames Unies à Anthony : un témoignage sur la réalité de la peine de mort par Anthony Graves. Ecrits, poèmes et entretiens ( Publié par les éditions du Mont Popey)
pour commander : http://www.desmainsunies.com/boncde.htm
Association Des Mains Unies pour la Justice - 21 bis montée de la Butte - 69001 LYON - www.desmainsunies.com

LE 6 FÉVRIER , LEONARD PELTIER EST ENTRE DANS SA 30e ANNÉE D’INCARCÉRATION.

Leonard Peltier, militant amérindien Anishinabe/Lakota-Sioux, est incarcéré depuis 1976 aux USA pour un crime qu'il n'a pas commis. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition". Il est une des victimes de la guerre cachée menée par le gouvernement américain et le FBI contre l'American Indian Movement (Mouvement Indien Américain - AIM). Condamné à deux peines de prisons consécutives, il croupit dans un pénitencier fédéral en Pennsylvanie.
Leonard Peltier est reconnu internationalement comme un défenseur des droits humains et des droits des populations autochtones. Il est devenu le symbole de la résistance des peuples indigènes qui luttent contre le racisme et la discrimination. Il est soutenu par Nelson Mandela, Desmond Tutu, Rigoberta Menchù, le Dalaï Lama, Mumia Abu-Jamal, le Sous-Commandant Marcos, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les libertés fondamentales et les droits humains des populations autochtones, le Parlement Européen et par plusieurs millions de
personnes à travers le monde.
Pour de plus amples infos : Groupe de Soutien à Leonard Peltier - LPSG-France
c/o Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques - CSIA
21ter Rue Voltaire, F-75011 freepeltier@free.fr
www.leonardpeltier.org (en anglais)

Muriel Thiele aimerait monter un groupe de soutien pour son ami Larry Wayne Wooten.
Né le 10 décembre 1958, Larry Wayne Wooten est black et donc depuis près de 8 ans dans le couloir de la mort au Texas à Polunsky Unit. Il fut jugé coupable d'assassinat d'un vieux couple en 1996 à Paris au Texas. Ce couple a été volé, poignardé et égorgé. Leurs corps ont été retrouvés le 3 septembre 1996 dans leur résidence.
Larry se dit innocent du double meurtre pour lequel il a été condamné à mort le 12 mai 1998, les tests ADN auraient été falsifiés. Son adresse dans le couloir de la mort est Larry Wayne Wooten, n° 999269 Polunsky Unit, 3872FM,350 South - Linvingston, TEXAS 77351 - USA
Mon adresse personnelle est Muriel THIELE, rue Aldo Moro, 20 à 6180 Courcelles en Belgique et mon n° d'appel est le 00/32/485/38-54-65. (thielemuriel@hotmail.com)

PETITIONS DIVERSES :

Une pétition pour Darell Devine, condamné à tort pour le vol d’un porte-monnaie à 25 ans de prison http://www.petitiononline.com/dd200341/

Nouvelle pétition pour Tony Egbuna Ford, dont l’exécution a été reportée au 14 mars : http://www.petitiononline.com/alivefo/petition.html

Pétition électronique pour Kevin Kincy qui a une date dexécution le 29 mars 2006. http://www.petitiononline.com/kevin06/petition.html

Toutes les campagnes contre la peine de mort : http://www.ncadp.org/execution_alerts.html - http://people.smu.edu/rhalperi/action.html, www.amnesty.asso.fr - http://www.abolition.fr/ ...

INFOS DIVERSES :

Un espace de discussion francophone pour ceux qui entretiennent des correspondances avec des condamnés à mort : http://condamnes-a-mort.virtuaboard.com
Isabelle Périn -5 rue de la Voûte 75012 Paris - 06 25 29 44 12 - ISABELLEPERIN@aol.com

Mobilisation pour le vote d'une loi en faveur d'un accès plus libre à l'information en France. Une initiative de journalistes, de parlementaires, de juristes et de représentants de la société civile. http://www.liberte-dinformer.info/index2.html


France : Michel Fourniret, déjà accusé des meurtres de sept jeunes filles, est soupçonné par des enquêteurs belges d'être impliqué dans le meurtre, en 1974 à Marseille, de Marie-Dolores Rambla, pour lequel Christian Ranucci a été condamné à la peine de mort et guillotiné. Les policiers de Dinant, dans les Ardennes belges, ont découvert que Michel Fourniret était dans les Bouches-du-Rhône durant l'été 1974. Ces informations ont été transmises aux policiers marseillais mais le parquet de Charleville-Mézières, en charge du dossier du tueur en série, reste prudent. Des vérifications devraient cependant être effectuées. Celui-ci a en effet toujours affirmé n'avoir commencé à tué qu'après 1984. Encore plus troublant, Le Parisien révèle de son côté que Michel Fourniret possédait une Peugeot 304 similaire à celle de Christian Ranucci. Le quotidien relève également la ressemblance physique entre les deux hommes. Marie-Dolores Rambla, âgée de 8 ans, avait été enlevée à Marseille le 3 juin avant d'être retrouvée morte plus tard dans la garrigue, près d'Aix. Un représentant de commerce, saoul le soir du crime, Christian Ranucci est interpellé. Il avoue le meurtre mais se rétracte par la suite. Malgré de nombreuses questions sur sa culpabilité, il est exécuté le 28 juillet 1976. (extrait d’un article du Nouvel Observateur)

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