Lettre Capitale - automne 2005

Le bulletin d'information de Lutte pour la Justice

 

Editorial : Et maintenant ?...

Je pense que l’action contre la peine de mort porte sur trois axes de travail : l’action collective menée par les associations, les avocats et d’autres et concernant des populations spécifiques (comme les mineurs il y a quelques années et maintenant les malades mentaux), le travail sur les affaires- contre enquête et défense - et les pressions pour changer la législation des états.

Le point qui semble le plus prometteur en ce moment (et qui va venir devant la Cour Suprême) est la maladie mentale, et de nombreux cas retenant actuellement l’attention des médias, relèvent de ce domaine.

Depuis que les tests ADN sont entrés en vigueur, il n’y a plus beaucoup de cas d’innocence dans le système car les tests ont été faits dans la plupart des cas où ils étaient faisables ou possibles. Une partie des gens attendent maintenant de voir comment les nominations de juges conservateurs à la Cour Suprême affectera l’attitude de cette Cour envers la peine de mort.

Au niveau des Etats, il y a peu de nouvelles propositions qui pourront être présentées en vue d’un vote, dans la mesure où les plus importantes ( La peine de mort pour les mineurs et le retard mental) ont à peu prés été réglées par la Cour Suprême. La plupart des états, y compris le Texas, ont fait passé des lois qui reconnaissent la prison à vie sans possibilité de libération., lois qui, combinées avec une plus grande attention des procureurs et des jurys, font que le nombre de condamnations à mort a chuté dans tout le pays.
Un nouveau débat émerge dans la communauté abolitionniste maintenant que presque tous les états ont adopté la prison à vie : est ce que la perpétuité est vraiment une option bonne et juste, ou avons nous troquer l’exécution contre une autre sorte de sentence de mort ? Cette idée pourrait diviser qui travaillent sur ce problème et qui ne sont pas surs de vers où se tourner maintenant. Les journaux s’en font l’écho.

L’abolition est actuellement politiquement impossible, de quelque manière que ce soit. Ainsi pour chaque état qui a réfléchi à la suppression de la peine de mort ( Nouveau Mexique, New Hampshire, New York) il y en a autant qui ont envisagé à son rétablissement ( Massachusetts, Michigan, Minnesota). Je ne pense pas qu’il y aura de changement, au cours de l’année qui vient ni pour les uns ni pour les autres.

Quant aux européens, s’ils veulent s’impliquer et nous aider, la meilleure chose à faire est d’aider à la résolution des affaires. Mais l’argent doit être réservé à la défense de cas qui ont une chance d’avoir un impact sur le débat public. En dehors de ça, je continue à croire que les pressions économiques sont possibles en privilégiant l’importation de biens et services venant d’états abolitionnistes et en boycottant ceux qui pratiquent la peine de mort.

Bob Burtman, journaliste abolitionniste.


La mort au Texas

Soeur Hélène PréjeanEn ce XXI° siècle, le gouverneur d’un Etat représente le dernier vestige du «  droit divin royal » car il a le pouvoir absolu de vie ou de mort et ceci est encore plus vrai quand un tel pouvoir est confié à des politiciens plus poussés par l’opportunisme que par leur conscience. Confronté à l’attente d’une exécution, aucun gouverneur ne veut paraître insensible par rapport à la vie humaine. Tous affirment souffrir quand ils doivent décider d’appliquer la peine de mort. Tous affirment examiner sous tous les angles les cas des personnes condamnées prêtes à être exécutées sous leur autorité.

Georges W Bush, pendant ses six années à la tête du Texas a présidé à plus de 152 exécutions.. Il a dit : « Je prends chaque cas de peine de mort au sérieux et l’ examine individuellement et sérieusement ». Dans son autobiographie «  A charge to keep » parue en 1999, il écrit : « Pour chaque cas de peine de mort, les avocats me font part de tous les arguments des partie plaignantes et de la défense, soulèvent tout doute, problème ou question. ». Bush a appelé cela « la méthode de sûreté intégrée ».

Il aurait pu léguer à l’Histoire une image de gouverneur scrupuleusement équitable si le journaliste Alan Berlow n’avait pas utilisé le principe de l'information publique pour accéder aux 57 notes confidentielles sur la Peine de mort que son conseiller, Alberto R. Gonzales , qu’il a nommé Ministre de la Justice, lui présentait régulièrement le jour même d’une exécution. Les comptes rendus présentés par Gonzalés ne pouvaient être plus superficiels. Dans le cas de Terry Washington, retardé mental ayant les capacités d’un enfant de sept ans…après trente minutes d’exposé de Gonzalès, Bush a coché «  Refusé » comme il l’avait fait pour 29 autres demandes au cours de ses premiers 28 mois en tant que gouverneur.

Le handicap mental de Washington n’avait jamais été présenté au jury qui l’a condamné à mort. Le rapport de Gonzalès, toutefois, n’incluait aucune mention de ce retard mental ni le fait qu’aucun expert en matière de santé mentale n’était présent lors du procès….
Bush a écrit dans sa biographie  que « ce n’était pas son travail de refaire le verdict du jury à moins qu’il n’y ait des faits nouveaux ou des preuves que le jury avait ignorées ou si le procès ait été injuste  ».

Quand Berlow demanda directement à Gonzalès « si Bush lisait les pétitions demandant une réduction de peine », il répondit qu’il le faisait « de temps à autre » ; il semble que Bush se soit basé et ai fait confiance aux rapports de Gonzalès qui étaient toujours clairement du côté de l’accusation. Pour répondre à la question directe de Berlow, Gonzalès dut admettre que ses conférences avec Bush sur ce type de procès ne duraient jamais plus de trente minutes….

Pour mettre de côté ses responsabilités morales et légales envers les exécutions Bush cite souvent une clause du Texas qui stipule qu’un gouverneur n’a aucun autre pouvoir que celui d’attribuer un sursis de 30 jours au condamné à moins que la Commission des Grâces ne demande un sursis plus important ou la clémence.

Or c’est Bush qui avait désigné les 18 membres de la Commission des Grâces et Remises de Peine et il avait tout pouvoir pour ordonner un sursis de 30 jours et faire passer le mot à la Commission qu’il avait des doutes au sujet de l’équité d’un procès, pour demander une enquête et une audience. ( Comme il l’a fait dans le cas de Henri L Lucas, en 1998, quand il s’est avéré qu’il avait été condamné pour un meurtre commis au Texas alors qu’il se trouvait être absent de l’Etat au moment des faits. Par ailleurs Lucas était condamné à de lourdes peines pour d’autres meurtres , six fois la perpétuité ! qu’il aurait ou non commis , vu qu’il confessait régulièrement être l’auteur d’une centaine de meurtres . Note résumée de LPJ)

Mais la Commission au Texas est grotesque ! …L’entière Commission de Remise des Peines ne se réunit jamais pour discuter d’une condamnation à mort. Quelques uns ( des juges) communiquent entre eux aux téléphone. Personne en sait si les demandes de clémence sont lues….

Dans le cas de Karla F. Tucker, si le jury qui l’a condamnée…avait eu connaissance de son enfance tourmentée par la drogue et la prostitution, aurait-il trouvé des circonstances atténuantes pour lui sauver la vie ? Et sice jury qui avait délibéré sur son cas la présentant comme «  danger futur » avait été averti de son potentiel de bonne volonté qui lui valut le titre de prisonnière exemplaire, aurait-il toutefois voté pour son exécution ?

Lorsque Gonzalès présenta le dossier de Karla Faye Tucker, il n’y avait pas eu de femme exécutée au Texas depuis plus de cent ans. Qu’aurait dû faire un gouverneur « conservateur et compatissant » surtout quelqu’un qui se dit «  né à nouveau » ?

Bush déclarait, dans son autobiographie que l’attente de l’exécution de Tucker lui donnait «  l’impression d’avoir un énorme bloc de ciment qui l’écrasait  » …A plusieurs reprise il déclara qu’en décidant du sort de Karla Tucker,  « il avait cherché à se laisser guider par la prière » et «  qu’il était préférable, en ce qui concerne le cœur et l’âme d’un individu dans les Couloirs de la mort, que le jugement soit laissé à une plus haute autorité. »

Mais alors que Bush prétendait laisser le jugement de Karla à Dieu, en réalité il exerçait son propre jugement politique et autorisait la mort…

Ainsi donc, une femme qui s’était transformé et qui aurait pu être une source d’apaisement et de guérison pour les gardiens comme pour les prisonnières, jusqu’à la fin de sa vie, voici que le protocole de fer de la Justice Vengeresse voulait qu’elle soit mise à mort. Ce fut comme si Bush, Gonzalès et la Commission des Grâces avaient figé dans le marbre le pire acte que Karla avait accompli puis s’étaient figés dans la décision de la tuer. C’est ainsi que fonctionne la machine, sans repos et réglée d’avance, sans place aucune pour la transcendance personnelle que la conscience apporte. Tout était si mécanique, non réfléchi et tellement politique !

C’est pour cela que durant la nuit de l’exécution de Karla, ma colère contre Bush se transforma en indignation intense quand Larry King diffusa sa déclaration de presse et que j’entendis que celui-ci invoquait Dieu pour lui demander de bénir son refus de la clémence : «  Que Dieu bénisse Karla Faye Tucker et que Dieu bénisse ses victimes et leur famille. »…

En tant que gouverneur, Bush n’était certainement pas une exception dans son déni de clémence envers les condamnés à mort , mais ce qui le caractérise, c’est le nombre stupéfiant d’exécutions auxquelles il a présidé. Son indifférence à la souffrance humaine le met aussi à part. Il est sans doute le seul membre officiel de gouvernement à avoir tourné en dérision la demande de grâce d’une personne, puis à avoir menti ensuite, en revendiquant des sentiments d’humanité qu’il n’a jamais eu. Au contraire, Bush semble à l’aise en utilisant des solutions violentes pour résoudre des réalités sociales et politiques qui posent problème.

L’aphorisme qui dit qu’ « un marteau , en présence d’un clou, ne sait faire qu’une seule chose » s’applique parfaitement à Bush. Au Texas, il s’est attaqué au problème de la criminalité publique en s’appuyant sur la chambre d’exécution la plus performante du pays….Bush déclara publiquement… qu’il était certain, qu’au Texas, aucun innocent n’avait jamais été envoyé dans le couloir de la mort et encore moins exécuté. Ce qui est clair, c’est qu’en tant que gouverneur, il n’avait aucune faculté de pardon.

La mort au Texas, Sœur Hélène Préjean / Extraits ( New York Review of Books, traduit par J. M. Devavry et Maryse Murphy).


La chronique de la peine de mort de juillet à octobre 2005 : peu d’évolutions positives

Depuis quatre mois, peu d’évolutions positives ont marqué la chronique hebdomadaire de LPJ. Aux Etats-Unis, Atkins contre Virginie, qui en 2002 a aboli la peine de mort pour les handicapés mentaux, continue d’être appliqué et d’engendrer des commutations de peine. Au Texas, après la cour suprême des Etats-Unis à deux reprises, c’est la cour d’appel criminel du Texas qui vient de casser le troisième procès de Johnny Paul Penry, au motif que les jurés auraient dû accorder plus de poids à son retard mental. Mais Daryl Atkins lui-même, dont le QI est désormais au-dessus du seuil de 70, pourrait être exécuté.

Comme vous le savez, les criminels de moins de 18 ans ne peuvent plus être exécutés depuis le 1er mars 2005. Reste que la situation des anciens condamnés à mort désormais condamnés à la prison à vie parce qu’ils étaient mineurs n’est pas forcément réjouissante. En effet, ils ont perdu l’aide juridictionnelle. De plus, les chances d’obtenir une libération conditionnelle sont très minces. Les gouverneurs, devant la pression de l’opinion publique, ont cessé de commuer les peines de prison à vie. Ainsi, dans 14 Etats, moins de 10 condamnés à la perpétuité par an sont libérés, et dans 8 autres leur nombre est inférieur à 25. On compterait aujourd’hui aux Etats-Unis 132 000 personnes condamnées à la perpétuité. Le vieillissement des prisonniers est d’ailleurs une situation de plus en plus préoccupante. Manque de soins, structures inadaptées… les problèmes vont s’accroître encore dans les années à venir.

Deux des membres de la cour suprême des Etats-Unis ont été renouvelés. Sandra Day O’Connor, souvent un pivot des votes, a pris sa retraite, et a été remplacée par une autre femme, qui pourrait s’affirmer nettement plus conservatrice. Quant au juge Rehnquist, décédé des suites d’un cancer, il a été remplacé par un proche de Bush, le juge Roberts, et, bien que le plus jeune de la cour, élevé au rang de premier juge. Lui non plus n’est guère considéré comme progressiste… Par ailleurs, un projet de loi inquiétant poursuit son chemin à la fois au Sénat et à la Chambre des Représentants. Intitulé Streamlined Procedures Act, il restreindrait les possibilités des condamnés pour faire appel de leur sentence, notamment en habeas corpus.
Dans quelques Etats américains, les choses évoluent parfois dans le bon sens. En Floride,: le délai initialement fixé au 1er octobre 2005 pour demander des tests ADN susceptibles de prouver l’innocence de condamnés (à mort ou à des peines de prison) a été prolongé de 18 mois. En Indiana le gouverneur Mitch Daniels a gracié Arthur Baird, quelques heures avant son exécution, bien que la commission des grâces ait voté contre la clémence par 3 voix contre une. Daniels a expliqué que la peine de prison à vie, qui n’existait pas à l’époque dans l’Indiana, aurait été la peine préférée par les membres de la famille. En Géorgie la seule femme exécutée par chaise électrique en Géorgie, il y a 60 ans, a reçu une grâce posthume complète. Servante afro-américaine, elle avait été condamnée à mort par un jury de 12 hommes blancs à l’issue d’un procès expéditif d’une journée, pour le meurtre de son employeur, un homme blanc qui la tenait en esclavage et menaçait de la tuer. La famille, qui s’est battue pour faire reconnaître que Lena Baker avait agi en état de légitime défense, est satisfaite que l’exécution soit publiquement appelée un « lynchage légal », même si la reconnaissance est fort tardive.

Ailleurs, en Asie, au Moyen-Orient, les exécutions, notamment pour trafic de drogue, se multiplient, en Arabie Saoudite (déjà 62 exécutions cette année), en Iran (58 exécutions déjà en 2005) au Koweït, au Vietnam… En Iraq 31 condamnations à mort pour faits de terrorismes ont été prononcées. Seize pays d’Asie pratiquent encore la peine capitale, dont la Chine qui exécute chaque année des milliers de personnes, l’Inde qui a repris les exécutions l’an dernier après sept ans d’interruption, l’Indonésie qui a exécuté plusieurs ressortissants étrangers pour trafic de drogue après trois ans d’interruption. Fin 2004 Sri Lanka a annoncé que le viol, le meurtre et le trafic de drogue étaient désormais passibles de la peine capitale. Aucune exécution n’y a eu lieu depuis 1976. Cependant, aux Philippines, la présidente Arroyo a accordé encore un sursis à 12 condamnés à mort qui auraient dû être exécutés en octobre. Et à Taiwan, le président réaffirme le souhait de son gouvernement de réduire à zéro le plus vite possible le nombre d’exécutions. Ce serait une transition vers l’abolition complète. En 2004, le Bhoutan a aboli la peine de mort.

En Europe, la vigilance reste de mise. Certes en Ouzbékistan, le président a signé un décret selon lequel la peine de mort serait abolie en 2008, la Grèce et la Turquie ont aboli la peine de mort en 2004. Mais en Pologne, les vainqueurs des élections de la semaine passée veulent rétablir la peine de mort. Le Conseil de l’Europe les a avertis que cette démarche violerait clairement la charte des droits humains de l’Union Européenne.

L’espoir vient d’Afrique. C’est d’ailleurs sur ce continent que les efforts, lors de la journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre, ont porté. Reste l’ilôt de résistance forte du Nigéria, où l’application de la sharia menace toujours de déboucher sur des exécutions. Si ces dernières années ce sont surtout des femmes accusées d’adultère qui en ont pâti, désormais ce son les homosexuels qui sont les plus menacés.

De façon plus globale, les homosexuels sont victimes de la peine de mort dans bien d’autres pays, en Iran notamment. Récemment les pendaisons et les condamnations à mort se sont multipliées de façon très inquiétante dans le pays. Selon les défenseurs des droits de l'Homme en Iran, 4 000 gays et lesbiennes auraient été exécutés depuis la prise du pouvoir par les Ayatollahs en 1979.

La Peine de mort en Alabama

Le Centre de Recherches et d’Etudes sur la Peine Capitale vient d’effectuer un sondage dont vous pouvez trouver les divers éléments sur le site de Project Hopte to abolish Death Penalty http://www.phadp.org/blog/ et journal On Wings of Hope, été 2005.
En voici les principaux éléments : 70,8% des personnes interrogées sont pour la peine de mort mais 47 % seulement pensent qu’elle est appliquée de manière juste. Et 79,6% sont sûres qu’un innocent peut être reconnue coupable et exécuté !
Mais 57,1%, et c’est nouveau, soutiendraient un moratoire jusqu’à ce que tous les problèmes concernant l’équité et la justesse de cette peine soit étudiés et réglés. En outre, 95,8% des personnes interrogées sont pour l’utilisation des tests ADN et la majorité, 54,5% se disent prêts à soutenir un candidat à une charge publique qui défendrait l’utilisation des tests ADN dans les cas qui peuvent entraîner la peine de mort et 32,2% voteraient pour un candidat qui défendrait un moratoire jusqu’à ce que les problèmes liés aux tests ADN soient réglés.


Du Couloir de la Mort vers la Vie

Le 1er mars 2005, j’étais dans ma cellule du couloir de la mort, et je me souviens que j’ai entendu quelques personnes commencer à se hurler d’une section à l’autre à propos d’une décision de la cour suprême que nous attendions tous. Roper contre Simmons ! Je me suis mis à écouter la station de radio « Kstar country news » et ce que j’ai entendu m’a causé l’une des meilleures sensations que j’ai jamais ressenties. La radio disait que la cour suprême des Etats-Unis, par un vote ETROIT de 5 voix contre 4, interdisait désormais l’exécution des personnes mineures. TANT de vies sauvées par juste une, UNE, voix ! Quand je l’ai ainsi entendu par moi-même j’ai été rempli de joie, mais incertain de la façon dont je devais réagir. Je me disais : « est-ce que j’ai bien entendu ce que j’ai cru entendre ? ». C’est quand j’ai entendu les cris, les applaudissements et les exclamations joyeuses dans toute la section que j’ai eu la confirmation que j’avais bien entendu ! Je ne pouvais rien faire d’autre que sourire ! SOURIRE !

J’éprouvais une joie immense mais je savais aussi que je devais rester discret et ne pas trop montrer ma joie là, dans le couloir de la mort. Nous n’étions que 29 à bénéficier de cette décision sur les plus de 450 détenus du couloir de la mort ! Même si mon cœur débordait et que j’aurais voulu crier mon bonheur, je me suis contenu par respect pour les sentiments des autres autour de moi. (…)

Le 24 Juin, ils nous ont chargés dans les fourgons… Une fois que nous sommes tous montés, nous sommes partis ! Au début tout le monde parlait beaucoup, nous étions tous excités et heures, mais dès que nous avons quitté l’unité pénitentiaire et avons commencé à rouler à travers villes et villages, tout le monde est resté silencieux, chacun se dévissant la tête pour voir le paysage, la liberté et les gens ! Des choses si simples dont les gens ne réalisent pas à quel point elles sont importantes, ou combien elles peuvent manquer, quand on en est privé ! Tout le monde était ébahi !…

(…) Donc ils m’ont mis à attendre mon tour. Un vieil homme est sorti de la salle où se faisait la classification et a demandé aux gardiens de m’enlever les menottes, ce qu’ils ont fait – et je n’en ai plus jamais eu depuis ! Il m’a fait entrer dans le bureau, et je dois dire que ce vieil homme a été le premier à me traiter avec respect comme un homme normal. Lui, et ce gardien grâce à qui j’ai pu être classé tout de suite. Depuis le début de mon voyage ce vieil homme était le premier à se comporter normalement avec moi, partout ailleurs les gardiens avaient agi comme si je les effrayais juste parce que je venais du couloir de la mort. Même après qu’il a fait enlever mes menottes et que les gardiens ont quitté la pièce, que nous étions seuls et qu’il m’a dit de le suivre, et qu’il a marché devant moi, je me suis senti… humain à nouveau. Dans son bureau il y avait le directeur et plusieurs autres personnes. Je me suis assis et en gros ils m’ont posé des tas et des tas de questions. Nous avons parlé pendant 30 à 45 minutes ? J’ai dit de façon directe au directeur que je voulais un peu de liberté, et qu’on me donne ma chance. Ils m’ont ensuite demandé de sortir un moment, et je suis resté dehors, debout, tout seul, sans personne autour, avec tous ces bureaux, et PAS DE MENOTTES. Cela ne m’était pas arrivé depuis mon arrestation le 3 janvier 1995… Cela me faisait vraiment bizarre, et c’est à ce moment-là que j’ai compris à quel point ma vie allait changer.

….Ils ont ouvert les portes de l’aile, j’ai suivi le mouvement. C’était vraiment bizarre d’être au milieu de tous ces gens, en fait je ressentais des bouffées d’angoisse. Le réfectoire est un grand espace ouvert avec plein de tables, et quand je suis arrivé devant tous ces gens j’ai pensé « Waouh, quel changement ! ». J’étais comme sonné ! Après être resté comme ça au milieu d’environ 200 personnes, j’ai à nouveau suivi le flot de personnes vers la sortie, et vraiment j’étais perdu ! Je ne savais pas où j’allais. Finalement j’ai repéré deux têtes chauves venant de mon aile, et je les ai juste suivis. Les gardiens ont fait patienter tout le monde pour le décompte, donc le temps de compter tout le monde ça a pris environ une heure, et pendant tout ce temps je réfléchissais, me laissant envahir par les sensations. Essayant de m’adapter. Après ça ils nous ont appelé pour la récréation dehors, tout le monde est à nouveau sorti. Encore une fois je suis sorti en courant, me suis mis en file indienne et ai simplement suivi la foule qui traversait le hall d’entrée (...)

Nous avons passé deux doubles portes, ils nous ont fait passer ces portes, nous ont déshabillés, ont fouillé les vêtements puis nous ont laissés nous rhabiller, et enfin ont ouvert les portes extérieures. Quand je suis sorti je ne pouvais pas en croire mes yeux, tellement c’était grand, au moins la taille de deux terrains de football, avec un terrain de basket, un terrain de handball, une piste de courses et plusieurs machines pour la musculation, et BEAUCOUP d’herbe et de poussière !

Il m’a fallu rester dans un coin et digérer tout ça pour commencer. Je me suis accroché à la grille pour contempler tout ça, et tous les gens dehors, il y avait peut-être pas loin de 300 personnes sur ce terrain. Des gens partout ! J’étais complètement surpris par tout ça, je ne pouvais en croire mes yeux. Je crois que la plupart d’entre vous, qui me lisez, ne pouvez pas comprendre d’où je viens, mais d’avoir passé tout ce temps dans le couloir de la mort, depuis 1996, en étant en plus enfermé en isolement depuis 1999, privé de tout contact humain ou même d’un simple rayon de soleil direct, je peux vous dire que ça vous affecte. Je n’ai pas vraiment réalisé le mal que cet emprisonnement m’a fait et à quel point il m’a affecté, avant ce vendredi soir dans la cour de récréation de la prison. …. Après trente minutes j’ai commencé à marcher le long de la piste, qui entoure tout le terrain. J’ai juste marché lentement autour du terrain, regardant tout, l’herbe, la poussière, respirant l’air, les odeurs, observant différents oiseaux, les gens qui couraient, pensant à ma vie, perdu dans mes pensées. C’était la première fois que je marchais dans l’herbe ou la poussière depuis dix ans ! La première fois que je pouvais marcher sans être complètement enchaîné depuis des années !

Je ne sais pas ce que les autres ont pensé de moi en me voyant, j’étais vraiment secoué ! Je pense que les autres l’ont compris car personne ne s’est approché de moi à moins de trois mètres pendant les deux heures de récréation ! Je n’avais vraiment pas réalisé à quel point les conditions de vie dans le couloir de la mort sont inhumaines et privées de tout, jusqu’à cette nuit à Eastham Unit. Je crois que j’ai fini par m’habituer à vivre comme ça, que j’ai fini par ne plus y faire attention. Comme un instinct de survie qui vous pousse à vous adapter à votre environnement. Je suppose que ce qui m’a possédé à Polunsky m’a permis de survivre au milieu de cet enfer. Cela me rend malheureux de penser à tous ceux que j’ai laissés là-bas, et qui vivent encore dans ces conditions atroces. Surtout les amis que j’avais. J’ai en fait grandi dans le couloir de la mort, j’ai été emprisonné à 17 ans, suis arrivé dans le couloir de la mort à 19, et y suis resté jusqu’à mes 28 ans. J‘ai grandi là-bas, ce sera toujours une partie de moi, de ma vie. Mais maintenant c’est un nouveau chapitre de ma vie qui commence. Je suis tellement heureux et reconnaissant, je remercie Dieu toute les nuits pour le soutien et l’amour de gens merveilleux qu’il me donne, sans cet amour et ce soutien hors du couloir de la mort je ne crois pas que j’aurais tenu le coup si longtemps ! Je ne crois pas que les gens réalisent à quel point sont importants l’amour et le soutien pour quelqu’un qui a vécu ce que j’ai vécu, et qui vit ce que je vis aujourd’hui ! C’est vraiment essentiel pour survivre ! Cette première nuit, dehors, je ne peux même pas mettre des mots sur tout ce que j’ai ressenti, toutes les émotions que j’ai eues. Regarder le soleil se coucher, la lune se lever. C’était absolument étonnant ! Pas de chaînes, pas de gardiens de chaque côté, pas de brimades, pas de confinement dans une cellule, c’était comme si j’étais arrivé dans un monde complètement différent. Je n’oublierai jamais ce premier soir dehors, ce que j’ai ressenti à l’intérieur de moi… C’était littéralement une expérience spirituelle. Pour la première fois j’ai vraiment compris que j’étais sorti du couloir de la mort, que ce n’était pas un tour que me jouait le système carcéral qui m’a opprimé toutes ces années, que c’était vrai, que ce n’était pas un rêve. J’ai dû me pincer plusieurs fois en marchant autour du terrain, pour me persuader que je ne rêvais pas. Quand j’ai fini mon tour j’ai enlevé mon tee-shirt et me suis allongé dans l’herbe, juste pour sentir l’herbe contre ma peau, et je suis resté comme ça quelques minutes. J’ai pris une poignée de terre et l’ai laissé couler entre mes doigts, et je me suis pincé à nouveau ! Merci mon Dieu ! J’ai dit une prière, là, dans la cour. Je l’ai fait !

Mais ma lutte n’est pas finie. Maintenant que ma peine a été commuée en prison à vie, cela signifie que je dois attendre 40 années en prison avant de pouvoir demander une libération conditionnelle ! C’est toute une vie ! En plus, je ne vais plus avoir droit à un avocat commis d’office, au Texas vous n’y avez droit que quand vous êtes condamné à mort, pas pour des peines de prison. C’est pour cela qu’il y a plus de prisonniers au Texas que dans n’importe quel autre Etat ! Maintenant il me faut collecter suffisamment d’argent pour engager un avocat qui s’occupera de mes appels. Nous en avons trouvé un qui accepterait de se charger de mon dossier pour 10 000 dollars. C’est pourquoi je prie tous ceux qui liront ce texte, s’ils peuvent m’aider à atteindre ce but, de m’aider à engager cet avocat qui va me défendre en appel et me permettre de retrouver la liberté, qu’ils contactent en France : Celine.rouquette@wanadoo.fr,

John Dewberry Eastham
# 1306204
P.O. Box 16 Lovelady, Tx. 75851 USA
Jcpdewberry@yahoo.com.


A LIRE, A VOIR, A SAVOIR... Pour aller plus loin…

Court métrage : MORT A L'ECRAN de Alexis Ferrebeuf

A signaler le court métrage (14 minutes) Mort à l'écran de Alexis Ferrebeuf. Une interprétation remarquable, notamment Lambert Wilson et MC Solaar .

Sur un plateau de télévision un condamné à mort, un noir américain, se voit offrir la possibilité d'être gracié au cours d'une émission en direct. Le public et l'animateur sans scrupule décideront de son sort… La peine de mort comme une grande loterie, on n'est pas si loin de la réalité !

Ce film très rythmé, très vivant, peut servir de base pour une discussion sur la peine de mort (notamment avec des jeunes). Mais attention, le thème principal reste la télé-réalité, jusqu'où peut aller la télé-réalité ? Et il est important de ne pas se laisser emporter sur cette voie si l'on utilise ce film comme base à notre message abolitionniste. Beaucoup de points peuvent être abordés : la discrimination, la manipulation, le déroulement (ou non dans certains pays) de procès…

Un regret : la faiblesse de la défense limitée à une prêtre et un ancien moniteur sportif. On aurait pu évoquer la famille du condamné, puisqu'on voit la famille de la victime, et ainsi replacer le condamné dans une sociabilité qui dépasse la religion. Mais ce commentaire n'engage que moi…

Pour ce procurer le DVD ou connaître les conditions de location du film, contacter Jonathan Ferrebeuf, société Winbros 06 77 79 61 03 ou ferrebeufjonathan@yahoo.fr

VIE DE L'ASSOCIATION

Alain Sirot nous a quitté, décédé subitement, à la mi septembre. Il avait été un de premiers à soutenir LPJ avec Annie, son épouse, qui était membre du CA depuis plusieurs années. Alain s’occupait des fichiers adhérents et de « lettre capitale ». Il était un militant toujours disponible, compétent et efficace et un homme chaleureux et généreux. LPJ perd un soutien et un ami. Au nom de l’association, au nom de vous tous, nous adressons nos condoléances à Annie qui quitte le CA mais pas LPJ.

Tenir Debout de Nanon Williams est paru ! « Ou comment rester humain dans l’espace clos d’une cellule devenue une sorte de trou noir de l’expérience ? » Un livre fort, bien écrit et préfacé par Christian Salmon, le président du Parlement International des Ecrivains.
Toujours en vente, en souscription, au prix de 15 euros au lieu de18…jusqu’à la fin de l’année. Une belle idée de cadeau !

Tim Broadbent, auteur, compositeur et interprète, vient de sortir son dernier CD Home truths. Trois des chansons parlent du couloir de la mort et l’une d’elle « Cowboy’s » a été écrite avec et pour Michaël Toney, son ami et avec lequel plusieurs membres de LPJ correspondent. Les autres chansons en anglais ou en français vous toucheront aussi !
Vous pouvez acheter ce CD directement auprès de Tim, en vous recommandant de LPJ…une partie de la vente (5 euros) est offerte par Tim à notre association. Prix expédié : 15 euros. Adresse : Rue des Oliviers 30130 St Alexandre.

Réunion du 24 septembre à Paris : 13 personnes étaient présentes à la première réunion que nous avons organisée pou de réunir des comités de soutien ( LPJ ou hors LPJ) et des personnes qui soutiennent un condamné à mort.
La réunion s’est tenue de 14h30 à 17h30. Treize personnes étaient présentes, dont des membres d'Amnesty et ACAT qui correspondent avec des prisonniers, le comité de Pau et celui qui soutient Charles Thompson, le comité maintenant dissous qui soutenait Anthony Mungin, et des personnes à titre individuels, membres de LPJ ou non, qui essaient d’aider au mieux leur ami du Couloir.
Chacun a pu se présenter, présenter le condamné soutenu. Nous avons redit le rôle de LPJ, notre façon très concrète de toujours en rapport avec les équipes de défense et les condamnés.
Ont été évoqués les diverses manières de trouver des financements pour payer enquêteurs et avocats, les problèmes posés par le choix de l’avocat, son éventuelle révocation par le condamné, la prudence à avoir dans nos relations avec la défense, dans les envois d’argent. On a aussi parlé de la confiance à établir entre le condamné et le groupe de soutien, de la liberté à avoir chacun, aussi bien le groupe que le condamné. Nous avons aussi parlé du problème des personnes psychologiquement ou affectivement immatures qui s’engagent dans ce combat et font souvent plus de mal que de bien , des conséquences à gérer ensuite.
La réunion s’est terminée par un avis unanime sur l’importance de ne pas rester isolés, de se connaître et de se revoir périodiquement.

La prochaine Assemblée générale de LPJ aura lieu à Paris le samedi 18 mars à 14h30 à Paris. Réservez dés à présent votre journée…Car le matin se tiendra, à 10h30, une rencontre LPJ et autres petites assos amies et groupes de soutien pour échanger des idées, rompre l’isolement et essayer de soutenir plus efficacement nos amis dans le couloir de la mort.
Lutte pour la Justice a besoin de nouveaux membres pour le CA habitant Paris ou la province. L’association nationale ne peut fonctionner que si des personnes s’y investissent. Elle fournit un travail de coordination, d’information en particulier grâce à « lettre capitale »et à l’hebdo par internet. Nous avons quatre réunions par an dont l’AG sur Paris. Le reste du temps nous travaillons par « correspondance », mail, téléphone, courrier, chacun des membres ayant une tâche en charge, plus ou moins importante suivant ses disponibilités. Nous faisons un appel urgent à ceux et celles qui s’étant investis précédemment auprès d’un condamné, malheureusement exécuté, n’ont pas souhaité se réinvestir dans un autre groupe de soutien. Leur expérience serait très utile.

Envoi d’argent à un condamné à titre privé : nous vous avions indiqué, dans le dernier lc, comment envoyer de l’argent à votre correspondant par mandat poste. Voici une autre façon, rapide, sure et moins onéreuse par internet et avec une carte bancaire internationale :
Il faut aller sur le site j.pay . Ce site est agréé par de nombreuses prisons dont les prisons texanes. Il vous faut indiquer les nom, prénom et numéro d’écrou du prisonnier puis vos coordonnées sans oublier le pays ! dans Etat cliquez sur autre et là numéro de carte bancaire, identifiant et mot de passe. Tout est bien expliqué et sûr.
Pour la collecte de fonds et les envois au titre de l’enquête ou de la défense, LPJ continue de regrouper et envoyer les dons.

Comité Languedoc Roussillon : le groupe de soutien à Rickey L Lewis (Texas) défendu par Mike Charlton a participé à la fête des associations de Montpellier le 11 septembre.
Ainsi qu’à la Journée Mondiale contre la Peine de Mort le 10 octobre avec la LDH, L’ACAT, et MAN (Mouvement pour une Action Non violente). Au programme : en projet, un lancer de ballons à 18h15 sur la place de la Comédie suivi à 19 heures d’une conférence salle Pétrarque sur la peine de mort aux Etats Unis, en Chine et en Afrique.

Made in the USA, le film de Solveig Anspach sur l’affaire Odelle Barnes, «était à l’affiche le 10 octobre à Cergy lors d’une soirée organisée par Amnesty. Plus de quatre vingt personnes y ont assisté, dont nombre de non militants. Aline Montfort, notre secrétaire était chargée d’animer le débat qui a porté, en particulier, sur l’affaire elle-même, sur le problème des anciens états esclavagistes et de leur rapport à la peine de mort.

Lettre d’info : nous vous rappelons que vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d'information électronique hebdomadaire de LPJ, en envoyant un message vierge à lpj-france-subscribe@topica.com. Abonnés anciens, attention, si vous ne recevez plus la lettre depuis quelques semaines, essayez de vous réabonner, car parfois le gestionnaire d'adresses fonctionne mal. Si vous changez d'adresse électronique, n'oubliez pas de vous réinscrire à partir de votre nouvelle adresse !

KDOL ou la radio qui vous rapproche de vos correspondants et amis du Couloir du Texas :
Chaque dimanche, entre 14heures et 19 heures ( heures du Texas) kdol radio envoie vos messages aux condamnés à mort de Livingston. Vous pouvez aussi dédicacer une chanson.
Pour contacter la radio : par internet à kdolradio@livingston.net ou kdolradio@hotmail.com
Dans la ligne Sujet : il faut écrire « Shout out to, suivi du nom du prisonnier à qui vous envoyez le message. Ensuite votre message en anglais .
Par téléphone au 936 328 88 74 et laissez le message sur la boîte vocale. Ou en direct en téléphonant à ce même numéro le dimanche pendant l’émission ( décalage horaire de sept heures !)


DES NOUVELLES DE NOS AMIS ET CORRESPONDANTS

Mumia Abu Jamal

Jacky Hortaut et Claude Guillamaud- Pujol, deux amis de Mumia et militants très actifs ont rendu visite à Mumia pendant 4 heures le 18 septembre. Ils ont fait le récit de cette visite dns un article paru dans l’Humanité. En voici des extraits :
« … Une grande silhouette orange vif apparaît derrière la vitre. Debout, face à nous, un homme en combinaison frappée de la mention « JAMAL 8335 ». Aucun doute, c’est bien Mumia. D’autant qu’il nous salue les deux mains en l’air menottées et d’un grand sourire. En apparence nous rencontrons un homme en bonne forme physique, ce qu’il nous confirme dès nos premiers échanges… il nous questionne sur nos initiatives les plus récentes, notamment sur celle qui a rassemblé plus de 500 personnes à la fête de l’humanité autour de la délégation américaine comprenant ses soutiens les plus fidèles Pam et Ramona Africa, son avocat Robert Bryan et l’un des fils Rosenberg, Robert Meeropol. … Puis, c’est la politique américaine, interne et externe, qui fait l’objet d’un long échange. A ce propos, Mumia qualifie de honte pour les États-Unis l’incapacité de l’équipe Bush à prévenir et à faire face aux terribles conséquences du cyclone Katrina, mais révélatrices selon lui, de la misère économique et sociale dont la majorité de ses compatriotes sont victimes, et plus particulièrement encore ceux issus des minorités ethniques. Il faut choisir, dit-il, « entre les guerres coûteuses et destructrices pour protéger les profits de quelques-uns ou l’éradication de la pauvreté et la paix du monde pour assurer le développement humain ». Mumia nous fait aussi part de ses projets d’écriture. Alors que son dernier livre consacré aux Blacks Panthers va très prochainement être publié en français, il a décidé de s’atteler à la rédaction d’un guide pratique sur les droits des prisonniers. Il nous confie qu’il s’offre également quelques loisirs en s’adonnant depuis peu à la peinture aquarelle. Près de quatre heures se sont déjà écoulées depuis le début de notre rencontre…., poings contre poings, la vitre qui nous sépare s’ébranle. Mumia a le dernier mot : « c’est votre soutien généreux et militant qui me guide, le combat pour la vie et la liberté continue envers et contre tout ».

Ensemble, Sauvons Mumia, 43 bd de Magenta 75010 Paris Tel 01 53 38 99 99

Des Nouvelles de James Mc Williams

Mes chers amis : mon appel est entre les mains d'un juge fédéral. Il ne s'intéresse qu'aux preuves et aux questions déjà soulevées dans les tribunaux d'Alabama, et refuse de réexaminer de nouveaux éléments en ma faveur. Heureusement, il n'aura pas le dernier mot et nous solliciterons un juge fédéral d'un niveau
plus élevé pour se saisir des preuves de mon innocence que nous apportons. Sachez, toutes et tous, que je vous suis infiniment reconnaissant et que je suis profondément touché par votre soutien amical. Sans vous, sans votre appui indéfectible, l'Etat d'Alabama aurait mis fin prématurément à ma vie. Chaque baiser, chaque battement de coeur que je partage avec mes enfants, je le partage avec vous. Merci à LPJ.

James Mc Williams Z 467
3-D-1 Holman 3700 Atmore ALA 36503 USA

Contact : Laurent Madar lmadar@noos.fr et 0603961874.

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